Conseillère de vente 1/3 - Jeune Padawan
Par Vanessa FERRI le jeudi 1 novembre 2007, 23:17 - TOME 1 - Portrait & Parcours antérieur - Lien permanent
Le départ de France Loisirs, une étape difficile. Mon contrat arrive à échéance.
Mes dernières journées de travail à la boutique me rendent peu à peu nostalgique. Je sais que dans quelques jours je redeviendrai anonyme sur le marché de l'emploi. J'éprouve de l'angoisse et de la peine. Je clôture ma caisse pour la dernière fois. Je ferme les portes automatiques et descends le rideau de fer.
Je suis Cendrillon et il est minuit passé. Seulement, je n'ai pas pour marraine une bonne fée.

Avec la gentillesse qui la caractérisait, ma responsable organisa généreusement une petite fête chez elle en compagnie de toute l'équipe. Ils m'offrirent un cadeau symbolisant leur sympathie et leurs encouragements.
Je remerciai vivement tout le monde pour ce geste et ce fut la fin de la soirée. La page France Loisirs venait de se tourner... Je me fis intérieurement la promesse de ne jamais oublier tout ce que je venais de vivre.
Une nouvelle semaine commence, j'entreprends la recherche d'un autre job, sans grandes convictions.
Je fais un bilan succinct de mon parcours. La vente, je ne vois rien d'autre pour le moment.
J'ouvre le journal à la page "offres d'emploi". Vendeuse à domicile ? Non c'est limite, j'habite encore chez mon père! Entreprise dynamique recherche en vue de son expansion, de jeunes collaborateurs motivés pour promouvoir sa... Oh non, ça m'ennuie déjà. Alors... Quoi d'autre... L'immobilier! C'est bien ça l'immobilier, c'est porteur! Expérience minimum de 2 ans requise. Eh mer...credi!
Je passe une heure à lire tout ce qui pouvait être lu dans cette rubrique. Rien ne me correspond.
Mon père est déjà entrain de me reprocher d'avoir quitté la fac! Je sors faire un tour en ville.
Je me rends au Centre Commercial de la Part-Dieu pour aller me détendre au cinéma et au moment de franchir les portes, j'ai une révélation. Je me trouve dans une matrice à jobs! Le sourire me revient. Je fais le tour de plusieurs enseignes et me présente spontanément dans celles qui m'intéressent.
Bingo! Je frappe à la bonne porte. Tôt le lendemain, je retourne au Centre Commercial munie de mon CV et de ma lettre de motivation. La responsable me rappelle très vite, le besoin est urgent. Trois jours plus tard, je suis en poste, en qualité de conseillère de vente chez Camaïeu enfant.
- "Tu vois papa, il ne fallait pas t'inquiéter!"
Je suis embauchée pour des besoins temporaires. J'ai un contrat de 27 heures par semaine dans l'espoir d'un CDI à la clé. L'ambiance n'est pas comparable avec celle vécue précédemment chez France Loisirs. Pourtant je m'intègre bien. J'exécute correctement mon travail sans pour autant ressentir une quelconque passion. La clientèle est plutôt pressée et peu souriante. A ce niveau là, je suis plus proche du contact "Mac Do". Les vêtements, sur place ou à emporter? C'est ironique mais proche de la réalité. Heureusement que les enfants sont là pour me faire rire! Ca vaut le détour! C'est très stéréotypé. Les petits garçons font tout sauf s'intéresser aux vêtements que sont entrain de leur acheter leurs mamans, quant aux petites filles, sages telles de vrai héroïnes de la comtesse de Ségur et moi, au milieu, en Cadichon. Ils m'ont souvent prise pour une bourrique!

Cette nouvelle approche de la vente enrichit mes compétences techniques. Mon vocabulaire commercial s'étoffe. J'applique désormais de récentes aptitudes. Mes conseils sont de plus en plus en adéquation avec les besoins de la clientèle. Mon panier moyen devient honorable. Cependant, les jours passent et mon CDI tant escompté et tellement nécessaire, ne vient pas. J'apprends bientôt officieusement que ce n'est pas à l'ordre du jour, la boutique devant faire face à des changements imminents. La responsable s'apprêtant à être remplacée... (Mince! Je vais devoir encore patienter.)
Un soir, celle-ci m'annonça officiellement la situation :
- " Vanessa, je vais prochainement prendre de nouvelles fonctions au sein d'une autre entreprise. Vous le saviez?"
- " Euh, non."
- " On m'a confié la responsabilité d'un magasin devant prochainement s'ouvrir. Je devrai entre autre constituer mon équipe et j'ai pensé que vous pourriez en faire partie..."
Etre débauchée, c'est un sentiment flatteur. Je réfléchissais peu à peu à la question.
NB : Un padawan est un jeune apprenti Jedi.
Commentaires
Salut, je viens de lire ton blog. Je l'ai trouver extraordinairement bien raconté, on s'y croirait presque! C'est très bien raconté et tu exprimes tellement bien tes sentiments! J'ai vécu un peu la même chose que toi et je n'aurais pas aussi bien fait. Bon courage si tu reprends tes études, c'est une très bonne chose qui ne pourra que te servir!